Notre chroniqueuse, Sophie Ginoux, présente le 3ième roman de Martin Michaud Je me souviens. Écoutez sa présentation et lisez ci-dessous sa critique.
Ce qui saute aux yeux une nouvelle fois lors de cette lecture, c’est la profondeur des personnages créés par Martin Michaud. Victor Lessard, un policier qui ne correspond pas du tout aux stéréotypes habituels que l’on rencontre dans les polars, est un homme complexe et touchant. Son équipière Jacinthe Taillon, elle, tranche littéralement avec lui et a au premier abord plus du camionneur que de la détective. Antithèse de la féminité, adepte de fast food et agissant souvent avant de penser, elle permet cependant à certains moments de faire avancer plus vite les choses. Aux côtés de ces deux personnages principaux, défilent une panoplie d’autres, des policiers aux victimes, en passant par les témoins et, enfin, les assassins, tous très crédibles et bien détaillés.
La seconde force de Martin Michaud réside dans la richesse de sa culture personnelle et dans la documentation de ses romans. Il est évident, quand on le lit, que cet auteur ne se lance pas au hasard dans l’écriture, mais qu’au contraire, chaque histoire est longuement mûrie, fouillée. Pourquoi? Parce qu’il ne s’arrête pas à la trame centrale d’une enquête, pour s’intéresser à des thèmes propres à chaque roman. Dans La chorale du diable, par ex, il avait traité de fanatisme religieux. Alors que dans Je me souviens, c’est de l’identité-même de certaines personnes et, plus généralement, de notre mémoire collective dont il est question. Un axe original et un chassé-croisé de données qui permet de garder en haleine le lecteur sur un si grand nombre de pages. Certes, quelques passages auraient peut-être mérité d’être un peu plus ramassés, mais il est certain que Martin Michaud va de nouveau ravir les nombreux fans qui attendaient cette parution avec impatience. Bonne lecture !